La défaite du vainqueur

8 octobre 2009 par Raw
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Le tombeur de Marc Ravalomanana, vainqueur de tous les régimes successifs, et reconnu par les anciens présidents de la République, Didier Ratsiraka et Albert Zafy comme tel, est aujourd’hui dans une mauvaise posture. Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de transition (HAT), adoubé à Mahamasina comme chef d’Etat exerçant les fonctions de président de la République ne cesse depuis quelques semaines d’accumuler les défaites. Les derniers accords globaux trouvés au Carlton ont marqué cette défaite définitive et scellé le désaccord entre lui et " son peuple " d’une part et d’autre part entre lui et une des composantes et principal soutien, Monja Roindefo et les groupements rassemblés dans le mouvement pour la défense de la souveraineté. Andry Rajoelina est également lâché par une autre composante importante des " Forces du changement " ; sans parler des divisions au sein de la HAT que nul n’ignore.

On se demande si les forces armées et les forces de l’ordre qui l’ont porté à cœur en son temps sont encore prêtes à le soutenir après ces multiples appels à la " neutralité " et au strict respect de l’ordre. La fébrilité manifestée devant une poignée de manifestants ce 6 octobre devant le Carlton traduit à la rigueur une certaine lassitude. En tout cas, la société civile est apparemment demeurée tiède à son endroit et ce ne sont les désaccords ou les accords globaux communiqués lus par le GIC au Carlton qui ont changé les comportements. Quant à la société économique, elle n’a jamais exprimé son penchant pour le mouvement qui a démantelé des réseaux et des infrastructures et porté un coup fatal à nombre d’activités et entreprises.

Bref, que lui reste-t-il à Andry Rajoelina, le vainqueur de mars 2009 ? Depuis qu’il a accepté d’aller à Maputo, le simple partisan du changement sans être partisan de la victoire V a soupçonné, sans oser le dire une première défaite. Rajoelina était parti de la capitale en chef d’Etat et il a été reçu dans la capitale mozambicaine comme chef d’Etat, avec voiture et autres éléments d’escorte de chef d’Etat. Mais il est rentré, malgré les simulacres de victoire à l’aéroport d’Ivato, réduit comme simple chef de file de sa mouvance. Zafy Albert, ancien président de la République, reconnu comme chef de file de sa mouvance, n’a cessé de répéter que les accords de Maputo ont mis sur un même piédestal les chefs de file des quatre mouvances. C’est pour cette raison qu’il a réclamé un strict et égalitaire traitement quand il voulait parler en direct sur RNM et TVM comme l’a fait Andry Rajoelina.

Mais pourquoi se sont interrogé les partisans de Andry Rajoelina, ses conseillers tel Zazah Ramandimbiarson, ses juristes tel Norbert Lala Ratsirahonana ou encore son chef de la diplomatie, ont-ils accepté que le chef, le vainqueur, Andry Rajoelina, soit ainsi dépouillé ? en tout cas, les trois autres chefs de files n’ont rien perdu à Maputo I. Au contraire, ils ont tout gagné. Leur cas à chacun d’eux a été réglé. Par contre le cas de Andry Rajoelina n’a pas été traité ni réglé. Il était demeuré jusqu’au 6 octobre, le putschiste aux yeux de tous.


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